Ce dernier ouvrage de Bret Easton Ellis commence par une longue préface dont la lecture est indispensable pour essayer de démêler la part d'autobiographie de celle du roman. Il s'agit là d'une longue plainte contre la vie de cette riche société de l'Amérique de l'Ouest des stars, contre l'usage de l'alcool, des drogues et autres palliatifs qui la font supporter et la description des dégâts qui en sont la conséquence.
Tout commence par une monstrueuse fête d'Halloween que Jayne décrit comme une "bacchanale", et ce mot est faible. Au cours de trente chapitres (trente jours) où tout s'enchaîne, tout va sombrer, l'amour du couple Bret-Jayne, les relations aussi bien avec les descendants que les ascendants jusqu'à un point de non-retour, malgré quelques efforts maladroits et infructueux.
On peut y voir une critique violente des moeurs de cette société détruite par l'argent facile et les drames qui s'ensuivent amènent à faire un rapprochement avec Kerouac, dont la sortie du film tiré de son livre "sur la route" remet d'actualité cette approche, sans toutefois provoquer le même écho chez les lecteurs.

Dans ce long livre (qui assure-t-il sera le dernier), l'auteur a mis beaucoup de lui-même et il me semble que citer la phrase d'accueil qu'il a choisie est une bonne manière de lui laisser la dernière parole : "le risque du métier en faisant de soi un spectacle qui n'en finit pas, c'est qu'à un moment donné, on achète soi-même un billet " (Thomas McGuane).
Luna Park - auteur : Bret Easton Ellis - traduit de l'anglais (américain) - éditeur : Robert Laffont
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