L'odeur du figuier, par Simonetta Greggio

Point n'est besoin de 500 pages pour décrire le mal-être de vivre, particulièrement d'une jeunesse déjantée dans l'Italie d'aujourd'hui. Les quelques pages d'un tout petit livre de poche y suffisent mais avec quel talent déployé dans ces cinq histoires.

Je dis bien "histoires", pas "nouvelles"; pour moi, une nouvelle est un court roman avec des origines, un centre et un devenir. Rien de tout cela dans ces récits qui me font penser à un morceau de bois prélevé sur un tronc d'arbre abattu, sans racine d'un côté, ni branchage de l'autre, juste un moment de vie au tournant d'un (ou des) amour (s), tel ce couple encore jeune dont le statut d'enseignants lui permet de passer les trois mois d'été dans leur paillote entre ciel, mer et rochers, solitude à deux à la fois pleine de jeux et de repos alternés mais tous deux à la recherche d'un sens à donner à leur vie, qui reprendra tristement à la fin de l'été le chemin de la ville et la routine du travail.

Cette lutte contre le vide de la vie... et l'odeur du figuier sont le fil conducteur de ces récits dont un seul est consacré à un homme coincé dans un ascenseur et qui revit les manques de sa vie, prenant la résolution d'y remédier dès sa sortie, ce qu'il ne fera jamais... que mort, dérision des projets. Attention, comme diraient les mises en garde à la télévision, "âmes sensibles" s'abstenir, certaines pages sont d'un réalisme cruel et violent, mais quel sens de l'observation !



Regard un peu triste sur la jeunesse, mais "c'est un mal dont on guérit" dit-elle dans un léger sourire pour terminer son ouvrage.


L'odeur du figuier - auteur : Simonetta Greggio - éditeur : Flammarion collection livre de poche

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