Huit nouvelles qu'un fil conducteur relie si bien qu'on pourrait dire plutôt huit chapitres. Ce fil conducteur est un village, Tel Ilan - dont la fondation plus que centenaire date d'avant la création d'Israël - à vocation agricole et viticole, où il faisait bon vivre, et maintenant à vocation touristique au bénéfice mais aussi au regret des habitants.
Au cours des pages vous trouverez, comme dans tous les villages du monde, le professeur, le maire, l'agent immobilier, l'épicier, l'étudiant arabe en année sabbatique, l'ado en mal d'amour, les ragots, la chorale... bref, tout ce qui fait la vie d'un village où qu'il se trouve sur la planète.
Mais tous les personnages sont atteints du mal de vivre et affrontent la solitude avec la conscience de l'absurdité de l'existence. Cette mélancolie profonde se traduit souvent par de nostalgiques promenades dans les rues où restent peu de traces des anciennes vastes fermes, remplacées par des constructions modernes et luxueuses mais non moins hideuses.
Par la minutieuse observation de ce village et de ses habitants, utilisant un style souple, fluide, Amos Oz amène à une lecture simple et limpide comme une rivière qui coule.
Ce village, je pourrais en faire le plan, reconnaître ses habitants ! Quelle meilleure façon d'aborder une oeuvre que d'essayer d'en déchiffrer le sens ? aux lecteurs d'en décider.
Auteur : Amos Oz - titre : Scènes de vie villageoise - traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen - éditeur : Gallimard - 16,50 €
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